La colère de Dieu – Jean Noël

Bruxelles, capitale de ma patrie, constitue le théâtre principal des événements qui vont se succéder dans « La colère de Dieu ». N’empêche que l’auteur nous embarquera aussi pour un voyage vers le sud, jusqu’aux villages les plus méridionaux du Maroc, et puis pour le Kosovo, l’Albanie, Londres… Comment pourrait-il en être autrement, connaissant le mélange multicolore qu’est le tissu social de notre capitale ? L’auteur empreint même le texte de ce multiculturalisme, n’hésitant pas à écrire des passages en néerlandais, en arabe, en espagnol. Cela aussi fait partie de notre identité aux multiples facettes.

Logiquement, les personnages et événements qui traversent ce roman sont tout aussi éclectiques. Il y a ceux qui tiennent le haut du pavé, d’autres au bas du fossé, et toute la panoplie entre les deux. Il y a ceux qui se défont, ceux qui se construisent. Ceux qui arrivent, ceux qui partent. Ceux qui croient, ceux qui ont perdu toute foi. Il y a une histoire sordide de meurtres en série, mais aussi une histoire émouvante d’entraide humaine, une histoire écœurante de manipulation politico-économique, plusieurs histoires d’amour en tous genres, une histoire de rencontre spirituelle… et je n’en énumère que quelques-unes. Les personnages sont si « vrais » que j’ai l’impression que je pourrais les croiser dans les rues de Bruxelles, sur le quai de la gare du Midi, dans une des galeries du centre-ville.

« La colère de Dieu » m’apparaît comme un reflet sincère de notre société. Les destins des personnages principaux entraînent le lecteur dans une lecture soutenue. L’on avance à bon train, tournant page après page pour connaître la suite. En chemin, toutefois, l’auteur sème volontiers des points d’interrogation, de suspension : des passages abordant des thèmes d’actualité, parsemés de phrases qui invitent à une réflexion profonde.

Jean Noël mélange avec justesse le doux, l’amer, l’acide et le salé pour obtenir une recette agréablement équilibrée, qui se greffe dans la mémoire. Dans cet univers foisonnant, la rencontre qui m’a semblé à moi la plus originale, est celle d’un monde profondément matérialiste et régi par l’argent, côtoyant des expériences de nature spirituelle. En somme, si l’auteur a rassemblé de nombreux citrons dans son panier, son roman est une limonade artisanale savamment balancée qui se boit comme du petit lait. N’hésitez pas à vous embarquer pour ce voyage déroutant qu’est « La colère de Dieu ».

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