Voir de toutes les couleurs

Chronique du livre “Blanc, bleu, rouge, Planète Russie” de A.A Klamm

Dans le contexte actuel, aller à la rencontre de la Russie n’est probablement pas un choix qui coule de source pour tous. Même en consommant un minimum de messages médiatisés, je suis bien consciente que les Russes portent le chapeau noir plutôt que le chapeau blanc dans l’histoire que l’on raconte du conflit qui les opposent à l’Ukraine. En matière de profondeur historique, nos médias observent un régime minceur pire que celui que s’imposent de nombreuses femmes. Dès lors, je suis persuadée que je ne trouverai pas dans leurs communications toutes les informations nécessaires pour comprendre ce qui se passe. Je prends donc mes distances, distance que j’observe déjà de manière générale par rapport aux médias depuis bientôt quinze ans.

Et puis, le hasard me propose de m’approcher quelque peu de cette actualité par un chemin que j’accepte d’emprunter… En effet, comme les événements rendent son livre concernant la Russie d’actualité, A.A. Klamm me propose sur SimplementPro de le lire et d’en faire la chronique. Curieuse d’apprendre à connaître “le grand méchant Ours”, je me lance dans la lecture. Je sens bien vite que je fais confiance à ce que l’auteur me raconte. Je sais que je ne lis pas là LA vérité, il n’a pas cette prétention. Je lis le récit d’un homme curieux, passionné et sincère qui s’est frotté à de nombreuses cultures, avant d’atterrir en Russie.

Il me laisse, dans mon rôle de lectrice, toute la latitude de me faire ma propre idée. Imaginez que vous cherchiez un guide pour découvrir le dédale d’une planète vaste, exotique et méconnue. Qui ferait mieux l’affaire qu’un globe-trotteur averti ? A fortiori si cet homme a une plume convaincante, l’esprit critique et le cœur sur la main.Quelques pages me suffisent donc pour me laisser captiver. D’autant que je dois bien reconnaître que je ne connais pas du tout cette Planète Russie. Le nom évoque quelques clichés et idées reçues, inconscients et conscients.

L’auteur m’indique dès le départ que je peux déambuler dans son récit selon un ordre et des préférences qui me conviennent, gambader de chapitre en chapitre en m’appuyant sur la table des matières comme point de repère ou alors le lire de bout en bout. Je le cite brièvement : « Ce livre est le vôtre plus que le mien ». J’opte pour une lecture rectiligne. Enfin, aussi rectiligne qu’elle peut l’être quand on lit de la première à la dernière page mais que le guide suit les méandres de l’histoire, les détours de l’art, les bisons futés des défis économiques et écologiques, les déviations des cœurs.

Je le sens de chapitre en chapitre et me reconnais dans cette histoire éclectique, résultat des innombrables facettes que l’auteur évoque sans prétendre en faire le tour. L’auteur me la confirme à la fin du livre : « Je veux voir de toutes les couleurs ». Cette phrase est un pléonasme de son livre.

Au contact des pages de « Blanc, bleu, rouge – Planète Russie », j’ai pu me nourrir d’informations très diverses. Exhaustives ? Eh bien non, comment voudriez-vous qu’en quelque 400 pages l’on résume le destin d’un peuple et d’une nation aussi étendus ? Ce livre a eu pour moi la vertu d’ouvrir toute une série de petites portes, qui me donnent envie de découvrir les continents auxquels elles donnent accès.

Cette envie, l’auteur la confère surtout par sa passion. L’histoire de ce pays m’intrigue, ses nombreux peuples aussi, ses habitudes, son héritage, ses rêves pour l’avenir. J’ai rencontré dans les pages du livre de A.A. Klamm une planète insolite, mais surtout que je ne connaissais pas du tout. L’auteur a réussi à désarmé de nombreux clichés autour desquels mon image de la Russie, de son président et de ses citoyens s’articulait. Il m’a invité à l’humilité requise pour avoir envie de réellement les rencontrer.

Parce que l’auteur le dit bien :  « Que c’est vivifiant de n’être pas pareil, de n’être pas fondu dans une globalité ineffable, sorte d’ouate visqueuse et insignifiante. » En refermant le livre, j’ai le sentiment qu’en ce qui concerne la Planète Russie, je peux désormais « vivre à la première personne, parler à la première personne, et donc déjà me révolter. » A.A. Klamm me pardonnera, j’espère, de le paraphraser.

Loin de moi l’idée de défendre l’une ou l’autre partie directement impliquées dans le conflit en Ukraine, ou de prendre position dans un débat international qui se joue très loin de ma vie quotidienne tout en l’influençant profondément. Les torts et les raisons sont vraisemblablement nombreux. J’ai pu faire connaissance avec la Russie dans ce livre, ce qui a attisé ma curiosité. Cela m’a aussi invité à examiner le rôle que « l’Occident » joue, directement et indirectement. Ma conclusion en refermant le livre : « Nous, Occidentaux », manquons à la fois d’humilité et de fierté. Cela vous étonne ? Lisez donc Blanc, bleu, rouge – Planète Russie. Vous pourriez en venir à la même conclusion.

Cette chronique d’un livre informatif sort pour moi tout à fait de l’ordinaire. Jusqu’à présent, j’ai surtout lu et chroniqué ici des romans. Dans l’écriture, il y a bien longtemps que je n’écris plus de textes “sérieux”. Probablement qu’apèrs avoir finalisé ma thèse de doctorat en 2006, je me suis dit que j’avais donné :D. Rien de tel qu’un beau contraste, non ? Envie de tout autre chose que la chronique ci-dessus ? Découvrez dès à présent La Terre se livre – poème en prose.

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