Chronique : Vide-greniers de Delphine Lapaj

Avant votre prochaine visite à un quelconque marché au puces, je vous invite à découvrir Vide-greniers de Delphine Lapaj. Ce petit bijou vous inspirera un autre regard sur l’écosystème d’étales, de vendeurs , de passants et de clients.

Installée derrière la collection hétéroclite d’objets qu’elle met en vente, l’auteure nous esquisse en quelques traits de délicates miniatures, captant finement des personnages aussi divers que les petits-riens aux destins éloignés rassemblés sur son étal. Les contrastes sous-tendent non seulement la collection d’objets et les portraits de clients et passants, mais aussi le langage soigneusement égrené par la fine plume de Delphine Lapaj. Elle brasse le méli-mélo de choses et de personnes en les dépeignant tout naturellement avec de fréquentes « ruptures d’image », que je serais tentée de nommer ici « tissages d’images ». Les sens s’en trouvent entremêlés : les sens des mots, les sens des phrases, les sens du lecteur petit à petit enveloppé de cette magie insolite.

Tant de contrastes pourraient faire craindre un tableau surchargé ou criard. L’auteur échappe habilement à ce piège. Vide-greniers est imprégné de l’unique mansuétude qui caractérise, même à ses moments les plus invivables, la vie de tous les jours. Delphine Lapaj observe cet écosystème à travers un kaléidoscope qui lui permet de voir et de partager avec nous des aquarelles de vie. En filigrane de ses portraits, elle nous livre aussi une image d’elle à deviner.

Lors de votre prochaine balade sur un marché, vous verrez, j’en suis sûre, avec tous vos sens entremêlés, une autre image de cet écosystème.

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